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Motos et motards
au fil du temps
Quelques tranches d'histoire avec une forte prédilection pour ce qui est innovant ou inconnu, des albums photos liés aux fiches et des infos.
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Moto-collection.org s'intéresse aux motos des origines à l'an 2000 ; pour les descriptifs et historiques des productions ultérieures, vous pouvez vous reporter au site Motoplanete notre équivalent pour les productions plus récentes et actuelles.

Guillaume Perreaux: L'incroyable réplique
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Moto-Collection vous a déjà parlé du vélocipède à vapeur Louis Guillaume Perreaux construit en 1871. Il a fait l'objet d'une fiche descriptive et ce village natal de ce Léonard de Vinci français aux multiples inventions, Almenêches dans l'Orne, a fait réaliser une maquette à l'échelle un de cet ancêtre de la moto placée sur un piédestal à l'entrée de la bourgade. C'est pourtant d'une réplique beaucoup plus sérieuse que nous allons vous présenter ici, avec deux exemplaires strictement identiques à l'original et construits en six ans et 2500 heures de travail par une équipe de passionnés comme on n'en fait plus. Je laisse le clavier à Jean-Pierre Kreder et Pierre Jobard, les principaux protagonistes de cette incroyable aventure.
François-Marie Dumas
LE VELOCIPEDE A VAPEUR PERREAUX NÂ’EST PLUS UNIQUEÂ !
En effet, une équipe de passionnés lui ont donné un frère jumeau et voici l’histoire de la construction de la réplique de cet engin, considéré comme le premier deux roues motorisé de tous les temps, donc l’ancêtre de la motocyclette.
Texte et photos par Jean-Pierre Kreder et Pierre Jobard
Un peu dÂ’histoire
En 1868, Louis-Guillaume Perreaux, un inventeur Gadzarts (Ingénieur Arts et Métiers), dépose un brevet concernant un vélocipède "à grande vitesse", qui sera complété à six reprises pour donner naissance en 1871 à un vélocipède à vapeur  dont l’unique exemplaire survivant est conservé au Musée du Domaine de Sceaux (Hauts-de-Seine) depuis 1964. Des témoignages d’époque font état du réel fonctionnement de la machine. Alors qu’il a été oublié jusqu’aux années 1990, un historien réputé des premiers deux roues, Claude Reynaud, s’y intéresse et publie un ouvrage sur cette invention. Le vélocipède sort alors de l’ombre et sera exposé à plusieurs reprises dans des lieux de plus en plus prestigieux, tels que les musées Guggenheim et Rétromobile.
Le défi de réaliser une réplique
Passionné par la restauration de motos anciennes, Jean-Pierre Kreder se lance fin 2019, dans un incroyable challenge : réaliser une réplique du vélocipède à vapeur de Louis-Guillaume Perreaux. Vu l’ampleur du projet, un travail d’équipe se dessine et il sollicite deux copains d’école, Philippe Kauffmann et Pierre Jobard (qui avait de son côté engagé une première réflexion dans ce sens) aidés de Jean-Luc Molle, une relation amicale de Philippe Kauffmann. D’autres compétences se joindront ensuite à l’équipe au fur et à mesure des difficultés rencontrées.
L’étude avant de mettre la main à la pâteÂ
Des recherches sur internet et auprès de spécialistes du sujet (historiens, brevets, état de l’art et des techniques du XIXe siècle, historique du vélocipède, etc.) constituent un fonds documentaire qui, au passage, permet de corriger certaines erreurs historiques concernant Michaux et Perreaux. Les contacts avec le musée de Sceaux s’intensifient avec l’arrivée en 2020 d’une nouvelle conservatrice qui s’enthousiasme pour le projet et ouvre les portes des réserves du musée pour constituer un dossier photographique et procéder à tout relevé dimensionnel. En échange, plans et modes opératoires seront transmis au musée pour enrichir le "dossier d’œuvre" du vélocipède. Débute alors une phase de rétroconception faite d’échanges techniques, d’hypothèses à étayer, mais aussi d’incertitudes, car nous ne connaissons que la partie visible de l’engin !
Profitant du  confinement dû au covid, Philippe Kauffmann réalise en CAO la modélisation 3D du vélocipède et la liasse de plans permettant la réalisation de la réplique. Concernant les parties « invisibles », un démontage du vélocipède original lors d’une restauration réalisée par des experts agréés "musées" à l’été 2023 réalisée dans le cadre de l’exposition « Roues libres » pour les Jeux Olympiques de Paris 2024, va permettre de répondre aux dernières questions. La participation physique au démontage permet de réaliser les plans des sous-ensembles composant la partie génération de vapeur.
La réalisation
Dès le départ de l’aventure, il est décidé de réaliser deux répliques du vélocipède : la première, à la demande de Claude Reynaud, le “découvreur” du vélocipède du musée de Sceaux, propriétaire d’un fabuleux musée du cycle et de la moto (château de Bosc dans le Gard). Destinée à être statique, cette réplique n’est pas prévue fonctionnelle. L’objectif d'une seconde réplique est de démontrer le bon fonctionnement dynamique de l’ensemble, de valider les caractéristiques techniques. La conception et la réalisation de cette première réplique aura demandé plus de six ans de travail (2020-2026) (dont mon ami Pierre Jobard, va régulièrement me tenir au courant à condition que je garde ses informations au secret. FMD).
La fabrication des répliques du vélocipède se décompose en trois sous-ensembles: la partie cycle, le moteur et le générateur de vapeur. Autant de travaux qui font appel aux techniques les plus variées et dont voilà un tour d'horizon.
L'usinage conventionnel (tournage, fraisage, perçage) de pièces mécaniques et finition des pièces de fonderie. Réalisé dans les ateliers de Jean-Pierre Kreder (toutes pièces) et de Jean-Luc Molle (moteur)
La forge et la métallerie (supports divers, ressorts de suspension, cerclages des roues). Confié à Jean-Pierre Kreder pour les supports, les ressorts de suspension et les cerclages de roues (détermination du serrage optimum).
La fonderie de bronze (éléments de structure, guidon et diverses pièces). Les modèles ont été réalisés en impression 3D en résine PLA, en Auvergne par Philippe Kauffmann. Les modèles aux dimensions hors standard ont nécessité l’investissement d’une imprimante 3D spécifique. Les pièces de petites dimensions ont été moulées au sable et coulées dans l’atelier de Jean-Pierre Kreder qui s’est équipé d’un four à propane (1100 °C) et d’un creuset. Les pièces du cadre du vélocipède de dimensions importantes et complexes, ont quant à elles fait l’objet d’un partenariat avec le lycée professionnel Marie Curie de Nogent-sur-Oise qui forme entre autres des BTS fonderie et les contraintes de l’enseignement ont nécessité 2 années scolaires pour la réalisation.
La chaudronnerie-la soudure et le tuyautage des sous-ensembles du groupe thermodynamique et de la selle ont, eux aussi été réalisés dans l’atelier de Jean-Pierre Kreder, assisté de Pierre Jobard, à l’aide d’outils à main et de machines type rouleuse, cintreuse, perceuse, fraiseuse, et d’outillages d’emboutissage « maison ». Les sous-ensembles ont été brasés à l’étain-plomb ou à l’argent, au chalumeau oxyacétylénique;
La menuiserie (jantes de roues, isolant thermique de la chaudière). Les jantes des roues sont obtenues à partir de segments de chêne assemblés et maintenus par les rayons métalliques et le cerclage. LÂ’isolant de la chaudière est constitué dÂ’une tôle de laiton et de lattes de sapin qui enserrent une couche de tissu de céramique certes anachronique mais remplaçant avantageusement un isolant fibreux utilisé au XIX° siècleÂ…Â
La sellerie, et te travail des textiles (éléments décoratifs de la chaudière). La selle est composée d’un garnissage de crin de cheval et d’un revêtement de cuir, fixés sur une armature en tôle d’acier formée. Les éléments décoratifs de la chaudière sont peints à la main sur de la toile de laine teinte. Des cordons torsadés rehaussent l’assemblage des différents panneaux.
Enfin les finitions de surface (polissage, sablage, peinture).
Après tout cela, il ne reste plus qu’à assembler les sous-ensembles et monter de la première réplique, phase qui vient de s’achever début 2026. Un premier montage à blanc a permis de corriger les inévitables erreurs, notamment dues aux imprécisions des relevés photos, et de dimensionner et positionner certains supports et tuyaux. Le montage final vient de se terminer ; le vélocipède est prêt à être livré à son commanditaire Claude Reynaud après un passage aux coupes Moto Légende.
Bilan de l’opération : Environ 6500 heures de travail, plus 1500 heures d’impression 3D, 2500 mails et/ou coups de téléphone...
Et bientôt, le premier essai depuis plus de 156 ans d’une Guillaume-Perreaux
Les essais de combustion et de chauffe sur la maquette vapeur se poursuivent avec la réalisation du générateur de vapeur fonctionnel embarqué. Puis viendront les tests et le montage sur la deuxième réplique. La résentation d’une réplique fonctionnelle dynamique est envisagée courant 2027, 156 ans après la première présentation de l’original... Cette aventure qui reste avant tout technique et humaine s’est étalée sur 6 années, émaillée de nombreuses questions, de réussites, de difficultés et d’échecs, mais riche en relationnel avec de nombreux intervenants.