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Des fiches interactives avec des milliers de modèles étudiés, leur histoire et leurs caractéristiques complètes.
Motos et motards
au fil du temps
Quelques tranches d'histoire avec une forte prédilection pour ce qui est innovant ou inconnu, des albums photos liés aux fiches et des infos.
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L'expo géniale de Gaignard 55 photos pour résumer l'expo extraordinaire de J-L Gaignard de plusieurs centaines de motos des origines à l'immédiat après-guerre. Lire l'article |
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Superia joue le super kitch Dans les années 60 la mode des cycloscooters au style exubérant d'inspiration très américaine a un gros succès en Belgique et aux Pays-Bas avec tout spécialement les réalisations des frères Claeys chez Superia et Flandria. Lire l'article |
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Terrot, la 175 Rallye invente son futur Quel dommage que la superbe Terrot 175 Rallye de 1958, soit sortie en pleine crise! Qu'importe, le rêve continue et des spécialistes passionnés, Thierry Philippon, Yves Kerlo et Mickie Dumonteil, ont réalisé ce qu'aurait pu être le futur des 175 Rallye. Lire l'article |
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Terrot : La révolution manquée... et mes premières amours À partir de 1957 Terrot modernise toute sa gamme avec les 125 Ténor et Fleuron et les 175 Tournoi, Rallye et Super Ténor. La conjoncture démographique et la guerre d'Algérie vont hélas ruiner ce remarquable effort de la marque. Lire l'article |
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Charles Burki: Illustrateur et designer Charles Burki est un célèbre illustrateur néerlandais dont beaucoup de dessins ont été publiés dans les journaux moto français et hollandais des années 30,40. En 1961, Burki créa chez Union le 50 Boomerang qui a marqué l'histoire du style motocycliste. Lire l'article |
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Mercury: l'album photos Une moto anglaise artisanale à moteur Scott bicylindre 2 temps de 600 cm3 vient enrichir en 1937 la longue histoire des motos à cadre en aluminium. Lire l'article |
Moto-collection.org s'intéresse aux motos des origines à l'an 2000 ; pour les descriptifs et historiques des productions ultérieures, vous pouvez vous reporter au site Motoplanete notre équivalent pour les productions plus récentes et actuelles.
L'expo géniale de Gaignard
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Épatant, formidable, exceptionnel
Dépêchez-vous, ça finit le 1er mars, mais pour ceux qui n'ont pas eu et n'auront pas la possibilité d'y aller, voici un aperçu en 55 photos, de ce que les 15.000 visiteurs venus de toute la France à Château-Gontier-en-Mayenne ont pu admirer depuis le 14 janvier.
"J'ai découvert récemment que c'est à cause de toi et de tes fiches sur Télé-Poche que j'ai pris goût à la moto ancienne" commence par me dire l'instigateur de l'expo, Jean-Luc Gaignard. Et on peut dire que le virus s'est rapidement développé et a bien proliféré chez lui.
Photo à droite : Jean-Luc Gaignard et moi derrière sa magnifique 400 ABC-Gnome & Rhône dans son jus avec, c'est rarissime, son side-car d'origine et son curieux châssis dont une des attaches est fixée sur une rotule au milieu de bras oscillant.
Un peu d'histoire, avant la visite...
"J'avais 14 ans, en 1975, quand j'ai acheté ma première ancienne, une 125 Koehler Escoffier qui dormait dans sa grange, puis une Terrot, puis d'autres, et d'autres, et ça n'a jamais arrêté. À l'époque on trouvait des motos autour d'une cinquantaine de francs et, avec ce que je gagnais en travaillant à la ferme, ou en faisant les marchés avec ma femme Nicole, j'aurais pu m'en payer plusieurs chaque semaine. J'ai plus tard acheté une petite ferme et mon problème a été de construire sans cesse de nouveaux bâtiments pour y ranger mes nouvelles acquisitions. Motos, vélos, et même avions, plus des tonnes d'accessoires et pièces diverses que j'ai chiné chez les anciens motocistes qui fermaient."
Pour rentabiliser sa collectionnite aiguë, Jean-Luc s'est rapidement mis à proposer ses motos et ses décors pour le cinéma et il a participé à de nombreux tournages, ce qui nous vaut de le découvrir sans sa traditionnelle barbichette qu'il a du raser pour jouer dans un film le rôle d'un Allemand glabre selon le scénario. Bref, si vous passez par la Mayenne ou que vous cherchez un but pour un week-end de découverte, allez le voir dans ses ateliers-musées à Montflours-en-Mayenne, mais téléphonez-lui avant au 06 12 64 76 49 pour être sûr qu'il est là et puis, attendez un peu, car il prévoit de complètement rénover le site à son retour de l'expo de Château-Gontier.
Autodidacte, Jean-Luc a tout appris sur le tas. "J'aime être le plus autonome possible" se plaît-il à dire. "Un copain mécanicien m'a donné les premières bases, puis je suis devenu tour à tour maçon, couvreur pour construire mes ateliers, puis décorateur pour des expos et des films. C'est vraiment ma deuxième passion. Tout cela prend de plus en plus de temps, mais j'ai le grand plaisir de travailler avec ma fille Agnès, qui a d'ailleurs géré en grande partie l'organisation de cette expo à Château-Gontier".
Trêve de bavardage, partons pour la visite dans un parcours en zigzag dans une grande halle bordée de stands refaits comme d'anciens magasins et où s'offrent en situation quelques 500 motos, vélos et même trois avions de 1914 qui survolent le tout.
Un clic sur les noms de modèles apparaissant en bleu renvoie vers la fiche consacrée à cette moto
Tout au long de l'expo les murs sont décorés d'affiches anciennes, des établis présentent des accessoires divers, outillage et bidons, et des mannequins en tenue de travail ou de pilote accompagnent les motos.
Et puis viennent les motos en commençant par un stand consacré à la Grande Guerre avec une superbe 600 Douglas attelée et son équipement.
Quoi de plus naturel, un avion de l'époque survole la scène.
Chaque marque a son petit coin et souvent tout un atelier reconstitué. On commence par Alcyon avec, au premier plan, la 250 Super Sport 4 temps à soupapes culbutées et 3 vitesses de 1927 et, derrière, la 175 Sport 2 temps de 1925.
Alcyon de nouveau avec une 350 Tourisme de 1930. La boite séparée est à trois vitesses et elle est donnée pour 110 km/h.
Après Alcyon, Automoto et de belles raretés, à commencer par cette 350 cm3 bicylindre à moteur Moser et soupapes latérales. Il n'y a pas de boite de vitesses et la transmission s'effectue directement par courroie vers la roue arrière. Un pédalier associé à une chaîne est là pour aider au démarrage et dans les côtes.
Au premier plan, l'Automoto Touriste-Confort de 1928 à moteur 4 temps 350 cm3 à soupapes latérales et boite 3 vitesses séparée système Campbell. Au fond, l'étonnant 100 cm3 de 1925 dont le réservoir fait office de tube supérieur du cadre.
L'Automoto 350 A17 à soupapes culbutées de 1932, annoncée pour 115 km/h.
On saute dans l'immédiat après-guerre avec cette Automoto 150 cm3 type CH dotée d'un moteur AMC à soupapes culbutées. Le cadre en encore sans suspension arrière et avec une fourche avant à parallélogramme. À la fin de l'année suivante, ce modèle sera doté d'une fourche télescopique et d'une suspension arrière coulissante.
Rapide coup d'oeil sur le coin des BSA
Retour en France et un grand saut dans le temps avec cette Buchet de 1906 animée par un monocylindre de 635 cm3 à soupape d'admission automatique et soupape d'échappement culbutée.
Ce vélo équipé d'un moteur De Dion Bouton de 1902 servit de modèle à la première Harley-Davidson sortie en 1904. On la voit d'ailleurs ici appuyée sur la réplique de la célèbre cabane où est née cette Harley number One.
Bien que l'éclairage ne la favorise guère, je ne résiste pas au plaisir de vous montrer cette DS Malterre de compétition construite en 1951 par le pilote Marcel Camus avec un double ACT. et une boite 4 vitesses. Le régime maxi était de 9000 tr/min et elle atteignait 180 km/h. Cette moto remporta le Championnat de France National aux mains de Marcel Camus en 1952 et 53.
Le grand stand dédié aux motos belges FN ne présentait pas moins de dix modèles, dont un bel échantillon des différentes moutures des quatre cylindres. Au premier plan et de gauche à droite, la FN 500 M69 attelée de 1928, la FN 750 cm3 M50 quatre cylindres de 1925 et la FN 350 M60 de 1927.
Au premier plan la FN quatre cylindres 700T de 750 cm2 en 1922, à gauche, la quatre cylindres 750 cm3 dans version de 1914 et à droite la FN monocylindre à transmission acatène de 286 cm3 de la même année.
Une petite friandise entre deux marques sérieuses, la Ganardiz, présentée comme un prototype espagnol de 1925 avec un moteur à 5 cylindres en étoile d'origine aéronautique de 660 cm3 à soupapes culbutées, associé à une boite à 3 vitesses. On soupçonne fortement notre ami J-L. Gaignard d'être pour beaucoup dans la reconstruction de la moto autour de ce moteur tout à fait original.
Le magnifique stand-atelier Gnome et Rhône avec, à gauche, la 250 deux temps type E de 1924 et, à droite, une 500 D à soupapes latérales de 1926.
La 500 Gnome et Rhône D4 de Marc qui finit 7e en 500 cm3 au Bol d'Or 1929. En bas à gauche, l'autre face du moteur avec un habillage de la culbuterie fait maison.
Moto Guzzi n'est pas oublié avec, ici, une 250 Dondolino de 1945.
Apparemment, J-L Gaignard n'est pas très scooter, mais il y en a quand même deux dans l'expo, dont ce Moto Guzzi Galletto 160 cm3 du tout début des années 50 muni de son faux coffre optionnel entre la colonne de direction et la selle.
Juste avant d'être absorbée par la marque belge Gillet en 1927, la marque Harlette à Jeumont produit à partir de 1925 et jusqu'à cette ultime version de 1927, cette Harlette 2 temps à moteur Moussard-Madoz.
Les répliques qui se font passer pour des originales sont des escroqueries ; en revanche celles qui reproduisent à l'identique un modèle rare et disparu et s'annoncent comme des copies sont un fort bel hommage. Pour fêter son centenaire en 2003, Harley-Davidson reproduisit ainsi 8 exemplaires de son premier légendaire modèle 492 cm3 de 1903 fabriqué dans une petite cabane elle aussi reconstruite ici par J-L Gaignard.
Harley-Davidson 500 Grey Fellow de 1912 avec son "lady's attachment" à siège en osier et toujours la fameuse cabane-atelier.
Harley-Davidson fabriqué aussi des monocylindres 4 temps dans les années 20 et deux 350 cm3 Peashooter (cracheuse de petits pois !) sont ici présentées, une version 1927 et celle-ci de 1925.
Le stand consacré aux Harley-Davidson est très riche et il m'est impossible de montrer tous les modèles exposés. Ici, une grande classique, avec cette 750 cm3 Luxe de 1946, la version civile des célèbres versions militaires WLA et WLC 45.
Jean-Luc, qui a travaillé pendant des années avec des expositions Harley-Davidson, en a du coup un peu négligé les Indian qui ne sont guère représentées ici que par cette Indian 1000 PowerPlus de 1917 à roues flasquées qui serait celle préparée pour la course par Clément Garreau alors importateur de la marque et pilote avant de devenir le célèbre représentant en France de Norton.
Retour en France avec la Koehler-Escoffier 500 Sport Mandoline de 1927 attelée à un sublime side-car Bufflier en tôle d'aluminium.
La plus belle des motos françaises de collection, la 1000 Koehler Escoffier bicylindre de 1929 dont l'un des trés rares autres exemplaires a été élu "Best of the Show" au très sélect concours de moto international de la Villa d'Este. En vignette en haut à gauche, la belle plaque du concessionnaire de Reims qui a vendu cette machine.
Plus connue et répandue sous le label de la marque soeur Monet Goyon, cette Starlett 100 cm3 de 1955 est ici siglée Koehler Escoffier.
Cette La Française Diamant 75 cm3 de 1922 a une partie cycle tout à fait remarquable avec le réservoir qui forme la partie supérieure du cadre.
Le tueur en série Henri Désiré Landru qui fut guillotiné en 1922 était également un maitre en mécanique. Il construisit en 1900 cette moto animée par un moteur Renouard de 160 cm3 à soupape d'admission automatique et d'échappement latérale. La réalisation était parfaite et Landru en vendit de nombreux exemplaires... dont il ne livra aucun. Celui présenté est unique et vous le découvrez en bas à droite dans l'état où J-L Gaignard l'a acheté. "J'ai travaillé plus de deux mois dessus pour la remettre en ordre de marche" avoue-t-il "mais maintenant elle roule et même plutôt bien".
On connaît tous la côte Lapize à Montlhéry, mais savez-vous l'origine du nom ? Pour honorer la mémoire du grand champion cycliste et aviateur émérite Octave Lapize, né en 1887, La Française-Diamant se créa à Paris en 1922 une sous-marque avec la société des Cycles O. Lapize. Il s'agit ici d'un modèle de 1926 animé par un 250 JAP à soupapes latérales.
Les débuts motocyclistes de Monet Goyon avec une Moto Légère de 117 cm3 en 1921. Notez la position très reculée du moteur (pratique pour la version dame et ecclésiastique à cadre ouvert), le pédalier d'assistance tout en avant et la suspension télescopique, mais dans la colonne de direction.
Monet Goyon 1926 à moteur MAG 350 cm3 à soupapes culbutées.
Monet Goyon 350 GA de 1930 à moteur MAG culbuté.
Mr Bert, agent Monet Goyon à Romans-sur-Isère eut l'idée dans les année 20 de remplacer l'avant d'une moto par un chassis à essieu directionnel supportant une caisse de livraison ou un caisse tronquée de side-car. La construction fut reprise par Monet Goyon avec ses Tri-Moto 500H, 350 IXB ou 250 IXA comme sur ce modèle de 1928 animé par un moteur Villiers deux temps.
De nouveau un curieux attelage avec ce petit 100 Monet Goyon S1 de 1936 attelé d'un side-car léger à caisse en aluminium. Idéal pour les congés payés, non ?
Monet Goyon 350 cm3 L4S Super Sport de 1936, le haut de gamme à la française avec une suspension arrière coulissante, une abondance de chromes et une peinture bleu claire métallisée.
Une autre grande marque française, lyonnaise cette fois, New Map ici représentée par sa 350 OHVL3 de 1934 à moteur MAG et boite séparée à 4 vitesses, donnée pour 120 km/h.
Présentée devant un beau décor de boulangerie, cette New Motorcycle de 1928 avec son fameux cadre en tôle roulée est conservée dans son jus comme la majorité des motos de la collection de Jean-Luc Gaignard et on ne s'en plaindra pas. Elle est animée par un bloc moteur Chaise 500 cm3 à arbre à cames en tête.
Toujours aussi impressionnante, cette première Nimbus quatre cylindres de 1923, surnommée tuyau de poêle, se distinguait par son moteur 4 cylindres de 750 cm3 à soupapes d'admission culbutées et d'échappement latérales, un cadre composé d'un gros tube supérieur faisant office de réservoir d'essence et une suspension arrière oscillante. Une vraie résolution à son époque.
La Norton 500 cm3 type 16H à soupapes latérales, largement utilisée par l'armée britannique, se retrouve souvent en collection, mais fort rarement dotée, comme ici, de tout son attirail guerrier.
Retour aux origines avec ce tricycle de 1899 dû à la firme Perfecta, fondée cette même année par Alexandre Darracq à Suresnes et animée par un moteur De Dion Bouton.
Il fallait rentrer dans le décor pour découvrir ce magnifique stand Peugeot. Ici, au premier plan, le très luxueux 100 cm3 T53 CS qu'on surnommait la 515 du pauvre.
Après la victoire d'une 175 "d"usine" au 24e Bol d'or, Peugeot a commercialisé de 1953 à 57 cette 175 GS type Bol d'Or, une réplique un peu moins poussée qui développe quand même 10 ch à 6500 tr/min. Une puissance alors respectable.
La Ravat fabriquée à Saint-Étienne en 1924 tout comme son moteur Massardier deux temps de 122 cm3 qui lui promettait 60 km/h. En 1925 Ravat abandonnera ce moteur pour une mécanique maison de 175 cm3.
Les René Gillet fabriquées à Montrouge dans la banlieue parisienne, étaient principalement utilisées attelées, comme le montre cette version 750 cm3 de 1937 dotée de la suspension arrière optionnelle et attelée à un side-car Bernardet Grand Routier.
Contrairement à ce son nom laisse à supposer, cette SanSouPap de course SJA 25 est motorisée par un JAP racing de 250 cm3 à soupapes culbutées.
Surprise juste après le stand Moto Guzzi, une très britannique Scott 600 cm3 Squirrel de 1923, un révolutionnaire bicylindre deux temps.
Sur le stand Terrot, vous pouviez découvrir ce curieux et unique prototype construit pour son propre usage par l'ingénieur Albert Bonnard alors ingénieur pour la marque. Cette 125 de 1947 se distingue tout particulièrement par sa suspension arrière oscillante qui ne sera adoptée pour la série que des années plus tard.
Il faudrait encore beaucoup de photos pour rendre compte de l'exposition concoctée par Jean-Luc Gaignard, mais je finirai sur cette Terrot 350 HSSG de 1936 si belle dans son jus d'époque. On notera le capotage en aluminium de la boite séparée commandée par sélecteur au pied.
Le challenge est lancé, on attend maintenant qu'un autre passionné mette sur pied la suite de cette exposition avec les motos collectionnables à partir de 1950.