Radior
125 cm3 RN3T 1950
Utilitaire de luxe
À la fin de la Deuxième Guerre mondiale, Radior reprend les activités avec un modèle populaire dérivé de ses BMA 100 cm3 d'avant-guerre : la RS3 (Radior, Suspension, 3 vitesses). La partie cycle est encore équipée d'une fourche à parallélogramme et la partie arrière est suspendue par un système à parallélogramme également dû à l'ingénieur Léon Thivolle. Le moteur maison Nervor est un classique 2 temps à un seul transfert et boite séparée à 3 vitesses à main Staub. Cette partie cycle peut également recevoir un moteur AMC, mais ces modèles restent rares, car tributaires des approvisionnements.
Évolution pragmatique
Fin 1948, Radior décide de moderniser la partie cycle tout en gardant la même mécanique fiable et économique, c'est la RN3T (Radior, Nervor, 3vitesses, Télescopique) qui ouvre la saison 49. On reste dans l'utilitaire, car la demande est forte en moyen de transport économique à cette époque ! Exit la suspension arrière, du coup, le cadre est beaucoup plus simple. Elle gagne en revanche une suspension avant télescopique hydraulique maison qui lui donne une touche de modernité. Autre particularité, le guidon en deux parties, dont les leviers inversés permettent le passage des câbles à l'intérieur des tubes. Un cache en aluminium poli habille la boîte Staub dont le passage des vitesses est toujours par levier à main, l'avertisseur Sanor et son redresseur extérieur sont situés devant le tube de selle.
Tout au long de sa carrière, la RN3T a reçu des améliorations, elle a su trouver une clientèle qui lui a permis de résister jusqu'à la fermeture de l'usine en 1956, malgré l'apparition de la 125 Tétra et son bloc moteur à 4 vitesses et sélecteur.
En 1950, elle gagne des pattes de phare (auparavant fixé par dessous) mais le compteur est encore en option !
1951 voit disparaître la selle à deux ressorts, remplacée par une selle à nappe de caoutchouc, suspendue par un ressort unique intégré au tube du cadre. Les deux boîtes à outils arrière sont remplacées par un seul coffre latéral côté droit.
En 1953, la RN3T reçoit un guidon classique Amac et un porte-bagages en tôle emboutie.
Enfin, en 1954, le cylindre et la culasse sont redessinés : elle adopte un cylindre plus moderne à deux transferts, un piston plat et ne conserve qu'un seul échappement. Sa simplicité, sa fiabilité et un prix accessible lui ont assuré un certain succès et on retrouve également sa mécanique sur un
vélomoteur Hirondelle, la marque de Manufrance qui se procurait les moteurs Nervor auprès de la maison Radior.
Moteur Nervor monocylindre 2 temps refroidi par air - 125 cm3 (50 x 62,4 mm) - Allumage et éclairage par volant magnétique 6 V - Carburateur Amac - Lubrification par mélange - Boîte séparée Staub à 3 vitesses commandées par levier à main sur secteur - Embrayage par disques liégés - Transmissions primaire et secondaire par chaînes - Cadre simple berceau dédoublé sous le moteur - Suspension avant par fourche télescopique hydraulique, pas de suspension arrière - Réservoir 12 l, guidon à position réglable et commandes canalisées dans ses tubes - Pneus 600 x 65 - 70 kg - 75 km/h.
Une petite 125 cm3 utilitaire bien dans l'air du temps, mais un peu chère aussi. Cette Radior RN3T est affichée à 69000 F fin 1948 est passée à 81000 pour 1950 alors que le Peugeot 125 type 55AL vaut alors 74500 F et qu'il faut débourser 80080 F pour la toute jeune 125 D45 Motobécane 4 temps.